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26/09/2016

Les syndicats chassés de Bourgoin-Jallieu : un conseil municipal houleux.

Le maire LR de Bourgoin-Jallieu, Monsieur Vincent Chriqui, a décidé de chasser les syndicats de sa ville.

En effet, ces derniers occupaient, rue de Funas, des locaux prêtés par la mairie, comme cela se fait dans toute les communes par voie de droit coutumier.

Afin de préciser leur mécontentement, les syndicats sont venus manifester lors du conseil municipal du 26 septembre 2016. 

Le climat délétère de ce dernier fut également nourri par les différents reculs décidés par le Maire envers la conditions des agents municipaux. Le rapport de force voulu par l'édile a  ainsi donné lieu à une grève du ramassage des ordures.

Il est regrettable que la gestion des ressources humaines du futur candidat à la députation se résume à vouloir casser du syndicat sans aucun dialogue ni anticipation de son impact sur la population. 

Il se murmure par ailleurs que les amendes pour stationnement illégal se multiplient cette semaine comme feuilles en automne. Faut-il y voir un lien? Certainement avec "l'automne des idées", qui était sublime chez Baudelaire, mais pathétique chez Vincent Chriqui.

 

 

 

09/03/2016

Les enjeux de l’enseignement professionnel en France

Les enjeux de l’enseignement professionnel en France

Article publié dans le journal Respublica, mardi 8 mars 2016
 

Alors qu’un lycéen sur trois est aujourd’hui scolarisé dans l’enseignement professionnel et qu’environ 30 % des bacs délivrés sont des bacs professionnels, cette voie de formation est la plus mal connue du système scolaire français. Un détour par son histoire nous permettra de comprendre en quoi la volonté du tout-apprentissage s’avère dangereuse, danger renforcé par la réforme actuelle du collège.

1- Qu’est ce que l’enseignement professionnel ?

Au moyen-âge, la formation professionnelle est entièrement dévolue aux corporations de métiers.A partir de la Renaissance, l’évolution des pratiques commerciales amène de grandes maisons (les Frügger en Allemagne, les Médicis en Italie) à fonder des écoles pour l’apprentissage de la comptabilité commerciale. Ce sont donc les temps modernes qui inventent l’enseignement technique et professionnel à la faveur du passage progressif de sociétés artisanales à des sociétés manufacturières puis industrielles. Mais ces écoles adaptées sont peu nombreuses. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour qu’il se développe et le XXe pour qu’il s’institutionnalise.
Les finalités inhérentes à l’enseignement professionnel sont les mêmes que celles de l’enseignement général et technologique : « Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté » (Article L. 111-1 du code de l’éducation).
La voie professionnelle n’est donc en rien cantonnée à la formation d’exécutants malgré les préconisation de l’OCDE et la volonté du patronat.Historiquement, c’est depuis 1976, avec le remplacement des CET par les LEP, que “>l’enseignement professionnel devient une filière distincte au sein de second cycle, avec un fonctionnement spécifique.

2- Une lutte de plus d’un siècle pour la mainmise sur l’enseignement professionnel.

Dans le contexte des lois Ferry (1881-1882), l’enseignement technique se développe dans une ambiance de polémique entre les ministères de l’instruction public et du commerce et de l’industrie. L’intégration dans le service public est difficile. Qui doit organiser l’enseignement professionnel: les entreprises ou l’État?L’année1900 voit ainsi le rattachement de toutes les écoles pratiques au ministère du commerce et de l’industrie.Toutefois, en1920, Millerand créé un sous-secrétariat d’État à l’enseignement technique rattaché au ministère de l’instruction publique. Puis, en 1942-1943, la délivrance des diplômes techniques devient monopole d’État. En réaction, la FEN et le MEN introduisent des séquences de formations obligatoires en entreprise pour l’obtention du CAP et du BEP (10 semaines).

3- Privatiser l’enseignement professionnel ?

Malgré son intégration progressive dans le service public d’éducation, il existe toujours une pression pour sortir l’enseignement professionnel de l’éducation nationale à travers l’objectif partagé par le PS et LR d’orienter un million d’élèves vers l’apprentissage. Il s’agit bien de privatiser une partie la formation professionnelle conformément aux dogmes néo-libéraux :

  • « Le rôle des éducateurs ne peut plus être assuré comme hier (…) C’est de plus en plus à l’entreprise qu’il échoit de se charger d’une partie de l’éducation [des élèves] » L. Parisot, Discours au lycée Carnot, 2008.
  • « La voie de l’alternance est une des voie d’excellence qui mène à l’insertion; Elle mérite d’être promue et développée. » L. Wauquiez, salon de l’apprentissage et de l’alternance, 2010

Pourtant, le taux de réussite aux examens est presque identique en LP et en alternance. Mais 30 % des apprentis abandonnent en cours de formation. Donc le taux d’échec y est supérieur. De plus, le taux de poursuite d’études est inférieur. Ainsi, seuls 36 % des CAP poursuivent en Bac pro, et 12 % poursuivent des études supérieures après une formation en apprentissage.Statistiquement, donc, l’apprentissage n’est pas un ascenseur social supérieur au LP.
Ensuite, se pose le problème du Bac pro 3 ans. L’amputation d’une année de formation est très problématique. L’introduction du Bac pro en 1985 était lié à la massification. Aujourd’hui, on veut former moins et faire réussir davantage. Curieuse équation.
Enfin, il est à craindre que l’actuelle réforme du collège n’impacte encore plus des publics fragiles scolairement, issus de milieux sociaux où la culture générale s’acquiert principalement à l’école. En diminuer les horaires pour y substituer des activités moins exigeantes condamne encore plus les lycéens professionnels à l’échec dans le supérieur, donc à une reproduction accrue des inégalités.

22/02/2016

Monsieur Fillon vient faire son marché à Bourgoin-Jallieu

Le vendredi 19 février 2016, François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017 était en meeting à Bourgoin-Jallieu.
Le déroulé de sa journée ainsi que son discours à la halle Grenette résonnait comme un écho à la politique du maire LR de la ville, Monsieur Vincent Chriqui, par ailleurs membre de Force Républicain, le mouvement de l'ancien premier Ministre du Président Sarkozy.
En effet, après avoir visité le patronat local, ce dernier a prôné une baisse drastique des dépenses publique, notamment par la contraction de l'emploi public. Vieille recette miracle de la droite qui brille par l'audace de son originalité. On rêve, bien entendu, d'une société sans enseignants, policiers, médecins, infirmiers, dans un contexte de menace terroriste sans précédent. Son sens des responsabilités, au demeurant, s'exprimait par son entrée par la porte arrière de la halle Grenette, la principale accueillant des manifestants des agents municipaux dont Monsieur le Maire, en bon élève, veut baisser le revenu. Quel exemple de dialogue social!

Cette politique, Bourgoin la met en oeuvre par son maire: les "économies d'impôts" cachent de plus en plus mal l'augmentation exponentielle des services rendus aux citoyens: tout ce qui était gratuit devient payant (TAP, garderie, location de salles pour les associations, etc.) Une société, donc, où la solidarité cède le pas à l'individualisme, sans aucune amélioration des finances publiques.